Un certain 10 octobre 1943

 

Un groupe de scouts, sous l’autorité du chef de clan Henri Guyard, de l’abbé Alphonse Felliers, du commissaire de district Jean Larmet, de Mlle Marguerite Michel et de Mlle de Nanteuil, célébraient clandestinement un anniversaire au pied du mât où flottait le drapeau tricolore ! Un jeune scout, Emile Morin,  prononçait sa promesse quand, tout à coup …

 

Achtung! Papier. Halt! Verboten. Ces mots qui faisaient trembler de fureur et de peur l’Europe occupée voici plus de 60 ans, furent prononcés le dimanche 10 octobre 1943 à « La Chesnaie » près du Vincin en Arradon par une section allemande, armée de mitraillettes et de fusils, qui venaient de les encercler.

 

Surpris par l’arrivée soudaine des allemands, quelques jeunes s’enfuirent dans les bois mais furent vite rattrapés et rassemblés sous les hurlements des Feldgraus qui se demandaient ce que signifiait cet attroupement patriotique interdit par la loi d’occupation.

 

Après une heure de fouilles, de questions posées par les officiers, la Gestapo emporta toutes les pièces d’identité en indiquant qu’elles seraient remises dès le lendemain matin à leur propriétaire au siège de la Gestapo, rue Pasteur à Vannes. De nombreux ceinturons scouts furent également raflés à cause du cuivre récupérable.

 

Lors de la dislocation du groupe, Mlle Michel s’entoura la taille de quelques ceinturons scouts, cachés sous sa cape et rejoignit son domicile par des chemins détournés.

 

Le lendemain 11 octobre, l’abbé Felliers ainsi que Henri Guyard furent arrêtés et mis en prison. L’abbé fut condamné à 4 mois de prison. Henri Guyard et Jean Larmet étaient en fait des agents de renseignements du S.R. de Londres. Egalement Agnès de Nanteuil, agent de liaison du Colonel Morice, chef départemental de la Résistance. Mais ils ne furent pas reconnus ce jour là.

 

A noter que le Père Alphonse Felliers dirigeait le cinéma de La Garenne. Souvent, pendant la projection du film, les scouts s’éclipsaient de la salle pour le rejoindre dans son bureau et lui signaler les symboles qu’ils avaient relevés en observant les mouvements des camions allemands. Les renseignements ainsi récoltés étaient ensuite envoyés à Londres.

 

 

 

 

D’après un article de la Liberté du Morbihan, le 21 octobre 1983, signé Emile Morin

 

 

Voir aussi la plaque des Scouts du Morbihan morts pour la France